Compte rendu – Randonnée Bergerac Rocamadour

« Ancien chemin de pèlerinage de 180 kilomètres permettant de relier le Périgord à Rocamadour. Ce magnifique parcours est désormais balisé, et permet en toute sécurité de traverser les vignobles et collines bergeracoises, avant de longer la verte vallée Dordogne et ses falaises, pour arriver dans la vallée de l’Ouysse qui fait son lit dans le causse aride du Lot.
Les sites religieux et médiévaux, les berges des rivières fraîches et accueillantes seront autant d’occasions pour s’arrêter et profiter pleinement de votre temps retrouvé : un fabuleux voyage ! » http://rando.dordogne.fr
Petite, je faisais beaucoup de randonnées avec mon père, souvent dans les Pyrénées ou en Corse. Alors quand le coach a parlé de cette rando, j’ai eu des étoiles dans les yeux !
Je n’ai même pas eu besoin de trop faire les yeux doux à l’amoureux pour qu’il trouve l’idée super ! Je ne perds pas plus de temps non plus à poser mes congés, et dresse rapidement la liste des choses qu’il me manque, pour cette semaine de rando…
Absolument tout ! De la toile de tente, au duvet en passant par les chaussures et les accessoires indispensables au bon randonneur… il me reste 2 mois pour me préparer, je suis larguée… c’est bien sûr 2 semaines avant, que je vais courir les magasins à la recherche d’absolument tout ce qu’il me faut, pour cette marche. J’ai reçu mes chaussures 10 jours avant le départ (j’ai quand même pu les tester sur quelques sorties, mais jamais plus d’une heure, et sur terrain plat)
Le weekend précédent notre départ, j’ai pris le temps de préparer mon sac, tester le montage de ma tente. Pour le duvet, vu les conditions prévues (40°C annoncé pour toute la semaine !), il restera au placard, un simple drap fera l’affaire ; je gagne alors un peu de place et de poids !
Le dimanche soir tout est prêt ; je pèse mon sac, histoire de savoir combien de kg je m’apprête à me trimbaler : 12KG ! J’ai plutôt intérêt à manger rapidement mes provisions si je veux un peu alléger mon sac…
Après une bonne assiette de légumes et une bonne glace il est temps de partir se coucher demain nous avons rendez vous avant le lever du soleil.
Jour 1
Colombier – St Avis Seigneur
4h30 : Le réveil sonne, la nuit a été courte et agitée, la chaleur matinal promet déjà une journée trés chaude.
Je finis de boucler mon sac, avale un grand café et en voiture.
6h00 : L’amoureux me dépose sur notre lieu de RDV avec le reste de la troupe, un dernier bisou, une 1ère photo et GO nous voilà parti, Coach, Franck, Stéphane, Delphine et moi-même.
Nous n’avons pas encore fait 1km et voilà que coach perd déjà ses 2 flasques d’eau qui cèdent sous leurs poids. Vu la journée annoncée sans eau ça risque d’être compliqué… Pas de panique, nous avons tous de l’eau avec nous et le 1er village est dans 2 heures.
Les garçons partent devant, avec Delphine nous papotons de ses vacances. Le temps passe vite, nous voilà déjà arrivés à Issigeac.
Pose Café pour tout le monde sur la place de l’église, coach trouve une petite épicerie ouverte pour ne pas mourir de soif le reste de la journée…
Et nous repartons déjà. La chaleur est bien présente, nous prenons une petite pause, toutes les heures de quelques minutes pour poser les sacs un instant et manger un morceau.
Bientôt midi, nous voilà rendus dans le joli village de Beaumont du Périgord. 5h00 que nous marchons, il est grand temps de faire une bonne alte à l’ombre.
Franck, Stephan et Delphine en profitent pour faire quelques courses pour se restaurer à midi et pour leur repas du soir. Nous rechargeons les gourdes d’eau et après une bonne pause repas et un rafraichissement dans un bar sous la halle nous reprenons la route.
Il nous reste une petite heure de marche avant d’arriver dans le village qui nous accueillera pour la nuit.
Après 6h00 de marche et 32 Km nous apercevons les toits du village de St Avis Seigneur. La chaleur est écrasante et le sac à dos commence vraiment à me cisailler les épaules.
Arrivés dans le village, nous nous jetons sur la fontaine à eau, avant de retrouver l’auberge qui nous accueille pour la nuit.
Nous sommes arrivés plus tôt que prévu. Pour le moment notre hôte est absent, mais nous avons une solution de repli et prenons le temps d’une pause bière pour certains et Perrier tranche pour moi, dans le seul petit bar ouvert du village…
Notre hôte arrive, il nous fait visiter les lieux. Nous ne pouvons pas rêver mieux pour notre 1ère nuit ! L’ancienne mairie converti en « La Halte Jacquaire » entièrement rénovée il y a moins de 2 ans, nous offre 2 grandes salles de bain individuelles, une immense pièce à vivre avec cuisine aménagée, et un grand dortoir avec 4 lits superposés. Une soirée de récup qui s’annonce plutôt bien !
Après une bonne douche, nous partons explorer les coins de St Avis Seigneur. Un beau lavoir en contrebas du village, parfait pour nous rafraîchir un instant. Le restaurant-bar, qui nous avez servi des rafraîchissements en début d’après-midi, a fermé ses portes et le 2ème du village est aussi fermé le lundi soir… Bon, retour à l’auberge, préparation des repas de chacun. Pour moi c’est repas lyophilisé et viande séchée ! Bon appétit ! Dernière petite balade, un moment de détente, et nous partons tous nous coucher, demain le réveil sonne à 5h00.
Je suis réveillée dans la nuit par une forte douleur au tibia gauche. Le dortoir est plongé dans l’obscurité mais je sens comme un bleu. Je descends alors dans la salle de bain, j’ai comme un œdème sur l’avant de la jambe, c’est rouge et très très douloureux… Je panique, pense tout de suite à une tendinite qui referait surface ou une fracture de fatigue. Je retourne me coucher, l’angoisse au ventre ! Je peine à me rendormir, je finis par trouver le sommeil et c’est en sursaut que je me réveille d’un cauchemar, je suis en nage ! Je regarde immédiatement ma jambe… et là plus rien ! La chaleur dans le dortoir est étouffante, je tourne, je vire dans mon petit lit, mais voilà qu’un de mes camarades se met à ronfler, il ne manquait plus que ça !
Récap de la journée : 32.50km 530 D+ 6h00 de marche
Jour 2
St Avis Seigneur – Belvès
J’entends coach qui se lève, je regarde l’heure : 4h40 ; lui non plus n’a pas dû très bien dormir. Je reste un instant dans le lit, espérant réussir à dormir encore quelques minutes après une nuit catastrophique !
C’est peine perdue, je sors alors du lit, file à la salle de bain me préparer. Inspection de la jambe : pas de douleur, pas de trace, que s’est-il passé cette nuit ?!
Je retrouve tout le monde à la table du petit déjeuner. Pour moi ce sera un grand bol de thé et un porridge maison, certains sont au pain confiture et d’autres aux pâtes…
Les sacs sont bouclés, tout le monde est prêt, c’est parti ; Une longue journée de marche nous attend sous le soleil. Plus tôt nous partons, mieux nous pourrons profiter de la « fraîcheur » matinal.
Une petite photo avant le départ et nous voilà 5 randonneurs pas très réveillés, mais de très bonne humeur. En route pour rejoindre Belvès où nous avons réservé une place de camping pour la nuit.
Il fait déjà très lourd. Les 1ers km sont sur la route et la chaleur de la veille se ressent encore sur le goudron chaud. Nous quittons la route pour finir dans un champ puis dans un sous-bois, l’air est encore plus étouffant !
Les km passent plutôt vite, mais le poids du sac à dos sur les bretelles de ma brassière me cisaille énormément les épaules. C’est de plus en plus douloureux et les arrêts toutes les heures sont un véritable soulagement pour moi.
Nous arrivons sous le bruit des cloches qui sonnent 8h00 dans le petit village de Cadouin. L’idée de boire un bon café nous réjouit tous ! Pas âme qui vive dans le village… nous trouvons heureusement une petite boulangerie / épicerie d’ouverte pour faire le ravitaillement de nos repas du midi. Nous remplissons les flasques d’eau, le café sera pour… un autre jour !
Nous passons de petits villages à petits hameaux, entre route et chemin. L’eau commence à se faire rare… Une grande côte sur le bitume met nos réserves d’eau à sec ! Pas une maison à l’horizon… nous avançons en sous-bois, la chaleur se fait déjà plus « supportable » … Un mirage ?! non, c’est bien une habitation que nous voyons à la sortie du chemin, et nous avons même le luxe de trouver les propriétaires des lieux qui nous remplissent très gentiment les gourdes d’eau fraîche.
Nous nous posons quelques centaines de mètres plus loin, à l’ombre, pour pique-niquer. La chaleur ne nous ouvre pas vraiment l’appétit, on prend quand même le temps de reprendre des forces une petite demi-heure avant de finir la route jusqu’à Belvès.
Après quelques minutes de marche, et le réseau sur les portables retrouvés, nous regardons l’endroit exacte où se situe le camping dans lequel nous dormons pour la nuit. ET LA… gros malaise, le camping est bien après le village de Belvès. Nous sommes pris de panique, plus d’eau dans les gourdes et il nous reste encore plus d’une heure de marche. Nous qui pensions arriver dans moins de 20min. Ce moment de panique va jouer très fortement sur notre mental mais aussi sur notre fatigue ! La chaleur et le manque d’eau nous ont fait très vite paniquer. Heureusement que nous avons trouvé une fontaine sur notre chemin (Les habitants ou les ouvriers des maisons croisées nous ont clairement dit qu’il n’y avait pas d’eau ! oui, on est resté sans voix …)
Les gourdes pleines et Stéphane laissé au village de Belvès (Il stoppera la rando ici pour des raisons professionnelles) nous voilà partis en direction du camping : 2 très longs km sur la route !
Nous arrivons au camping ENFIN ! La chaleur sur la route a rendu ces derniers km très longs et très durs pour nous, mais heureux d’arriver à destination et de voir une belle piscine à l’entrée du camping.
L’après-midi et la soirée était en mode détente, piscine, bières (toujours Perrier pour moi…) et rigolades sont de la partie, nous décidons de laisser les repas en boîte et lyophilisés pour la soirée et prenons plutôt un petit repas au snack du camping.
Le ventre bien rempli et un énième tour à la douche, c’est dodo de bonne heure pour nous. Demain encore, le réveil sonnera avant le lever du soleil
Récap de la journée : 34km 780 D+ 6h45 de marche
Jour 3
Belves Domme
Le réveil est vraiment dur ce matin ; pendant la nuit, l’air s’est beaucoup rafraîchi avec le cours d’eau près de la tente, et j’ai passé une grande partie de la nuit complètement gelée. Cette fois, c’est moi qui me lève avant le réveil, je laisse alors mes camarades de route dormir encore un peu.
5h45 : Notre campement est déjà rangé dans nos sacs, nous sommes prêts à reprendre la route. Je suis déjà très fatiguée, la journée s’annonce longue pour moi. Les épaules complétement lacérées par mes brassières sur les 2 précédents jours, ce matin je décide de faire sans. (Comme quoi les petites poitrines c’est bien commode de temps en temps !)
J’ai vite regretté d’avoir gardé ma veste pour le départ, nous sommes partis depuis moins d’une heure et déjà les dénivelés s’accumulent. Je suis relativement fatiguée aujourd’hui, les 2 précédentes nuits étaient presque sans sommeil, et avec la chaleur de la journée et les km, je sens bien que je puise dans mes réserves tant physiques que mentales. Mais allez, je me mets en mode automatique et à chaque nouvelle montée, je mets un pied devant l’autre sans trop réfléchir.
Petite pause thé citron au château de Castelnau, qui est d’ailleurs vraiment agréable. Nous prenons le temps de recharger les gourdes d’eau et de faire nos courses pour les prochains repas.
Nous voilà repartis ; si le dénivelé, la fatigue et la chaleur ne sont vraiment pas évidents aujourd’hui pour moi, le paysage lui est grandiose. Nous avons vue sur plusieurs châteaux de la région.
Plusieurs km se font près de la Dordogne, c’est agréable, l’air y est moins étouffant et nous en profitons pour pique-niquer près de l’eau.
Il nous reste un peu moins d’une heure pour arriver à Domme, mais une fois encore, le camping n’est pas tout proche du centre du village, il est même à 3km en contre-bas de Domme
Après un repas rapide et une petite baignade pour certains, nous voilà repartis en direction du village. Le chemin qui nous mène à Domme est relativement plat mais tout en castine blanche, la réverbération du soleil donne vite mal à la tête. Nous arrivons tant bien que mal au bas du village, en profitons pour faire un petit arrêt à la pharmacie pour refaire le stock de pansements pour soulager les ampoules…
Allez, dernière montée de la journée, mais qu’est-ce qu’elle est longue… je vois bien les toits des maisons en haut du village mais j’ai l’impression que plus j’avance, plus l’arrivée s’éloigne ! Coach est quelques mètres devant moi, Delphine et Franck plus en contre-bas. Je crie à coach que je rêve d’une glace ! Il me répond que ça tombe bien, sur la place tout en haut du village, se trouve un très bon glacier. Et là, pendant les longues minutes qui me séparent de cette fameuse glace, je réfléchis au parfum qui me fait le plus envie : citrons, pistache, pêche, mangue… ah, non, une citron… melon. Voilà, c’est ça que je veux, un bon sorbet citron/melon !
Nous arrivons enfin dans le centre du village, oh miracle des brumisateurs devant une vitrine ! Comme 2 gosses, coach et moi, nous nous jetons sous ces petites gouttelettes d’eau, heureux d’avoir un peu de fraîcheur. Bon, ce n’est pas tout, mais moi, j’ai une glace qui m’attend ! Je vous assure que c’est la MEILLEURE glace que j’ai mangée, avec une vue magnifique depuis le haut du village !
Il nous reste encore ces 3 fameux km à marcher avant d’arriver au camping. Après avoir repris un peu vie… nous voilà repartis. Je n’ai jamais été aussi mal, je zigzague sur la route, les voitures qui me passent à côté me donnent le tournis, je regarde le bitume brûlant… il fait tellement chaud que les chaussures de coach ont laissé leur empreinte sur la route !
Le grand moment de solitude pour moi, je suis à bout, épuisée par ces 3 jours de rando, par ce soleil et cette chaleur. Je me pose une question : Qu’est-ce qui se passe si je m’arrête ? si je pose tout ! Il ne se passerait rien… j’aurai toujours aussi chaud sur ce bord de route et je serai toujours aussi fatiguée ! Je reprends mon courage et je marche, je marche sans réfléchir en me disant que chaque pas me rapprochaient de mon lieu de repos…
Enfin, enfin j’arrive, je pose mon sac et m’écroule au sol sous un arbre ! coach est arrivé quelques minutes avant moi et fait déjà la queue à l’accueil, Franck et Delphine ne tardent pas eux non plus à arriver tout aussi épuisés.
A peine les tentes misent en place, nous partons à la douche, puis à la piscine, Je ne me sens vraiment pas bien. Avec la fatigue, ma vraie personnalité ressort, je reste dans mon coin et ne veux pas trop échanger avec le reste de la bande ; ils le comprennent très vite et me laissent souffler pour la soirée. Nous mangeons tranquillement, assis à même le sol, un petit repas improvisé avec ce que nous trouvons dans nos sacs. Nicolas, qui habite pas très loin du camping et qui suit notre périple depuis le début sur les réseaux, nous a gentiment rejoint avec bières fraîches et petits gâteaux ! Nous papotons un petit moment, mais très vite la fatigue se fait ressentir.
Un dernier appel à l’amoureux, je lui fais part de mon état de la journée, il comprend à ma voix que ça ne va pas bien du tout, il insiste pour venir me chercher… JAMAIS ! Non, je suis fatiguée, c’est dur, mais j’irai jusqu’au bout ! Une dernière douche et au lit !
Récap de la journée : 32.30km 9000 D+ 6h50 de marche
Jour 4
Domme Peryllac Millac
C’est la sonnerie du réveil qui me sort de mon sommeil, j’ai dormi comme un parpaing ! Quel plaisir, enfin une vraie nuit, je me sens de nouveau prête à conquérir le monde… Bon on va commencer par affronter le soleil de la journée, ça sera déjà pas mal.
Petit déj avalé et sacs bouclés, on est reparti ! et ça commence fort avec la remontée sur le village de Domme, pour nous remettre sur le GR. La côte est longue mais avec la fraîcheur du matin et le moral revenu, je monte sans trop de difficulté. Nous passons le village et continuons à monter pour arriver au sommet de la colline et voir un magnifique lever de soleil. Ce matin il y a beaucoup de vent, c’est agréable, on profite au maximum de la « fraîcheur ».
Le terrain est plutôt agréable sur les premières heures de rando : des chemins en sous-bois, des petit village et hameaux. Nous rechargeons régulièrement les gourdes chez les habitants.
Le dénivelé est moins important qu’hier, coach marche quelques mètres devant moi sur les côtes, Delphine et Franck sont plus en retrait derrière. Nous nous arrêtons toutes les heures, ce qui permet de rassembler les troupes, manger et se poser quelques minutes.
Même si cela peut paraître étrange, nous marchons très souvent chacun de notre côté, à notre allure de marche. La rando, c’est aussi un moment pour soi ! Il est important de trouver son rythme et son équilibre quand on randonne en groupe, ne pensez pas que nous avons papoté 5 jours non-stop, ou que nous étions toujours collés les uns aux autres. En règle générale, coach était en tête, je le suivais de quelques mètres, et nos 2 amoureux étaient juste derrière. Chacun a pris le temps qu’il lui fallait pour tenir le rythme sur la journée.
Après de long km sur un chemin blanc, sans un coin d’ombre, mais près de la Dordogne, nous arrivons au petit village de St Julien de Lampon. Un arrêt au bar pour un rafraîchissement, à la boulangerie pour notre repas du midi et nous marchons encore quelques centaines de mètres pour rejoindre le bord de la Dordogne et pique-niquer à l’ombre, près de l’eau.
Ce midi, j’ai particulièrement faim, et mange une énorme quantité de pain, qui me tombe directement dans le ventre et avec la chaleur, cela me donne des nausées. Je repars tant bien que mal, mais les km parcourus sur le chemin en castine m’ont donné un coup de chaud. Je ne me sens vraiment pas bien, on repart pour encore une bonne heure de marche, mais je traîne la patte… mes camarades sont quelques mètres devant moi, j’ai de plus en plus mal à la tête…
On arrive dans le village de Carlux. Les gourdes sont vides, on tente de trouver un point d’eau, mais il n’y a pas âme qui vive… heureusement Delphine nous trouve un petit point d’eau, on se rafraîchit rapidement et on en profite pour regarder où se trouve le camping pour la nuit. AH NON ! Pas encore, le camping se trouve à plus de 2km après Peryllac et pas du tout sur le chemin du GR. Bon, étant donné de la fatigue accumulée par tout le monde, nous trouvons une solution de repli et nous recherchons un nouveau camping plus près et même si possible sur le chemin…
Hourra, le camping « Au petit bonheur » est sur notre chemin et à une grosse demi-heure. J’appelle de suite pour être sûre qu’il reste une petite place pour nous. Aucun souci nous sommes attendus avec les bières et la piscine ! Ça nous motive à finir rapidement, mais une belle côte nous attend avant notre point d’arrivée. Je suis pris d’un gros coup de chaud, et à moins de 10 min du camping, coach me fait m’arrêter. J’ai mal à la tête et le cœur qui commence à palpiter un peu fort… je reprends mes esprits, et après quelques minutes, nous voilà enfin aux portes du camping !
Nous sommes reçus comme des rois ! Les gérants du camping ont tellement pitié de nous qu’ils nous offrent des rafraîchissements et un superbe emplacement avec tente géante. Ce soir, pas besoin de monter notre campement !
Un tour à la douche et direction la piscine ! Que c’est bon un peu de fraîcheur. Le reste de la soirée, nous la passons au restaurant du camping entre bières (toujours Perrier pour moi…), glaces et bons repas !
Le sommeil arrive vite, mais demain la journée sera plus cool : pas de sac de 12kg à porter, l’amoureux viendra nous chercher à Rocamadour et fera un détour au camping pour venir chercher nos affaires. Nous ne prendrons alors que 2 sacs pour porter l’eau, les repas et les affaires de pluie….
Récap de la journée : 34.30km 830 D+ 7h10 de marche
Jour 5
Peryllac Millac – Rocamadour
5h00 : le réveil sonne. C’est une super nuit que je viens encore de faire ; courte mais reposante, c’est déjà notre dernier jour…
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On finit de ranger nos affaires, un petit déjeuner rapide et nous voilà repartis sur les chemins. Quel confort de marcher sans un lourd sac à dos (Je partage mon sac avec coach, nous portons à tour de rôle après chaque arrêt). Les premiers km sont en sous-bois, il fait encore bien sombre mais nous avançons sans trop de difficulté.
On arrive rapidement dans le village de Souillac, on cherche désespérément un café ou une boulangerie d’ouvert mais pas un chat à l’horizon… Franck trouve quand même je ne sais trop où, un petit gâteau au chocolat pour sa chérie (aujourd’hui c’est son anniversaire).
Le paysage a beaucoup changé, on a l’impression d’être dans le sud : la végétation et le terrain me rappellent les montagnes Varoise. Nous arrivons dans le petit village de Pinsac, par chance, l’épicerie est ouverte. Nous faisons le plein d’eau et de ravitaillements pour le midi, nous avons même le droit à un petit café, le 1er depuis lundi matin.
Il fait beau, l’air est bien moins chaud que les jours précédents, et le poids du sac en moins sur les épaules nous donne des ailes. Nous avions prévu une arrivée pour 14h00/14h30 mais vu l’allure à laquelle nous marchons nous y serons bien avant 13h30.
La météo nous avait annoncé de la pluie… on rigole bien sur le chemin, pas un nuage à l’horizon, l’arrivée à Rocamadour promet d’être grandiose !
Les estomacs commencent à crier famine et vu l’avance que nous avons, nous pouvons espérer pique-niquer tranquillement. Le vent s’est levé depuis quelques minutes et il semblerait que les nuages arrivent, mais rien de très inquiétant. Nous trouvons enfin un petit coin pour manger… enfin pour avaler 2/3 trucs histoire de pas partir le ventre vide.
Le vent souffle énormément et le nuage noir semble venir très vite vers nous ! On replie vite les sacs et partons rapidement pour espérer finir la rando sans prendre de pluie sur le bout de museau.
Même pas 10 min que nous marchons et voilà déjà les 1ères goutes. Il y moins d’une heure il faisait un grand soleil… il nous reste moins de 2 km pour rejoindre Rocamadour, mais c’est sous des abats d’eau et un vent violent que nous allons devoir finir notre périple. En même temps ça nous amuse beaucoup, voilà 4 jours que nous marchions sous un soleil de plomb et c’est sous des trombes d’eau que nous allons arriver à notre destination. Ah, on est beau sous nos ponchos de pluie !
Au détour du dernier virage, on aperçoit la 1ère maison qui annonce le début du village de Rocamadour. C’est bon, on est arrivé, on l’a fait ! c’était dur mais on a réussi tous les 4, et sans engueulade, à arriver au bout de nos 170km de randonnée !
On est comme des gosses, on court et chante sous la pluie, on est juste heureux d’avoir réussi ! Les touristes nous regardent comme des Alien sous nos déguisements de pluie, on se prend tous les 4 dans les bras et immortalisons ce moment au moins une dizaine de fois par des photos !!
Il est temps de retrouver l’amoureux qui nous attend en haut du village, bien au sec… On saute dans la voiture bien contents de pouvoir se protéger de la pluie… la pluie, on en parle ? Moins de 2 min après être montés à bord du bolide, la pluie s’arrête net pour faire place au grand soleil… ah, on n’est pas prêt de l’oublier notre arrivée à Rocamadour.
Il est temps pour nous de rentrer à la maison, ce soir c’est l’anniversaire surprise de Delphine et après avoir tenu notre langue (plus ou moins…) toute la semaine, malgré la fatigue, il nous tarde de profiter d’une bonne douche et d’un moment entre amis
Récap de la journée : 34km 530 D+ 6h20 de marche
Ce que ce voyage m’a apporté :
On revient forcément changé ou du moins avec un regard nouveau sur notre vie après plusieurs jours de randonnée. Peut-être qu’avec moins de chaleur ou un sac à dos moins lourd je ne serais pas partie si loin puiser dans mes ressources physiques et mentales pour finir ce périple, mais pour le coup j’ai vraiment eu de longs et durs moments de solitude.
Je sais que ces km parcourus m’ont changée, j’ai du aller chercher tellement loin dans mes ressources qu’aujourd’hui je ne regarde pas les choses de la même façon sur une course ou dans mon projet d’entreprenariat.
Ils m’ont aussi permis d’avoir un autre rapport avec la nourriture, j’ai compris que pour avancer mon corps avait besoin de carburant, pas de feuilles de salade ou de pousses d’épinard, mais d’un vrai carburant au quotidien. J’ai aussi appris a reconnaître la faim, la soif et la fatigue…
Une chose toute bête qui a changé en moi (je m’en suis rendu compte en préparant ma valise une semaine plus tard pour partir en vacance à la mer) : je suis devenue bien moins matérialiste, plus besoin d’une tonne de vêtements inutiles ou d’une trousse a maquillage qui déborde, non aujourd’hui j’ai une meilleure vision de mes besoins.
Et s’il y a bien une chose pour laquelle cette rando ma beaucoup aidée, c’est 10 jours plus tard quand je me suis élancée sur mon 1er Maratrail en montagne avec un fort dénivelé (2800D+). À aucun moment, et je dis bien aucun, je n’ai ressenti de fatigue, de doute ou de coup de mou ! J’ai eu le sourire pendant 8h00 de course, et a m’écouter j’aurai bien prolongé un peu plus ; le bonheur…

J’espère que ce récit vous aura plu, je m’excuse de sa longueur mais 5 jours de marche ça fait des lignes… Je vous dis à très vite pour de nouvelles aventures. J’ai déjà une nouvelle rando de programmée, mais cette fois-ci sur 2 jours seulement avec plus de dénivelé, une idée d’où je pars ?

Merci encore d’être de plus en plus nombreux a lire mes articles et à me faire de très bons retours, c’est toujours un plaisir de vous lire!

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